Les poudres de chanvre issues de la tige sont encore peu connues, mais elles ne sont pas des produits théoriques. La poudre de chènevotte est déjà commercialisée pour certaines applications industrielles, tandis qu’une littérature scientifique étudie ses propriétés et son utilisation dans différents matériaux.
Cette page présente d’abord les poudres offertes aujourd’hui, leurs utilisations et leurs principaux marchés. Elle expose ensuite le développement proposé par La Chanvrière du Lac à partir de la chènevotte, des fines de défibrage et des petites pailles issues de la récolte.
La Chanvrière du Lac veut transformer ces matières biologiques locales en poudres caractérisées, tamisées selon différentes granulométries et adaptées aux besoins des fabricants.
Les poudres de chanvre actuellement commercialisées
Les poudres produites à partir de la tige de chanvre sont déjà présentes sur le marché. La forme la plus clairement commercialisée est la poudre de chènevotte, aussi appelée farine de chènevotte, hemp hurd powder ou hemp hurd flour. Elle est obtenue par le broyage fin de la partie ligneuse située au centre de la tige.
Des fournisseurs nord-américains proposent notamment de la chènevotte micronisée pour son incorporation dans les plastiques, les composites et certains matériaux de construction. La littérature scientifique étudie également cette matière comme charge végétale et comme solution de remplacement à certaines farines de bois dans les matériaux composites.
Plusieurs produits sous une même appellation
L’expression « poudre de chanvre » peut toutefois désigner des produits très différents.
- Poudre de chènevotte: issue de la partie ligneuse de la tige
- Poudress de fibres courtes: issues de la partie fibreuse de la tige.
- Fines de défibrage: petites particules produites pendant la séparation de la fibre et de la chènevotte.
- Poudres de petites pailles: fragments de tiges recueillis pendant la récolte du chanvre-grain , puis séchés et micronisés.
- Farine ou poudre de tourteau de chanvre : produit obtenu à partir du tourteau restant après l’extraction de l’huile des graines.
Les farines et les protéines produites à partir des graines de chanvre appartiennent principalement au marché alimentaire. Elles ne doivent pas être confondues avec les poudres lign lignocellulosiques issues de la tige, destinées aux matériaux, aux bioproduits et à différentes applications industrielles.
Les poudres de tourteau occupent une position intermédiaire. Elles proviennent de la graine, mais leur teneur en protéines, en fibres et en huile résiduelle pourrait aussi permettre le développement d’applications non alimentaires. Elles devront donc être étudiées comme une famille distincte.
Un marché réel, mais encore peu structuré
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La commercialisation actuelle démontre que la poudre de chènevotte possède une réalité industrielle. Toutefois, ce marché demeure spécialisé et encore peu normalisé. Les appellations, les matières premières, les granulométries et les caractéristiques techniques peuvent varier d’un fournisseur à l’autre.
Ce marché peut être décrit de quatre façons :
- Ce marché peut être décrit de quatre façons :
- Spécialisé, puisque ces poudres sont principalement destinées à des fabricants.
- Émergent, car les caractéristiques de ces poudres ne sont pas encore largement normalisées.
- Soutenu par la recherche, notamment dans les domaines des charges végétales, des composites et des matériaux biosourcés.
Dans ce marché en développement, La Chanvrière du Lac entend se distinguer par des poudres fabriquées à partir de chanvre biologique cultivé localement, avec une traçabilité allant de la ferme au produit fini.
Les utilisations et les principaux marchés actuels
Les poudres issues de la tige de chanvre sont principalement destinées aux fabricants. Elles peuvent entrer dans la composition de différents produits comme charges végétales ou comme matières fonctionnelles. Leurs propriétés et leurs usages varient selon la partie de la plante utilisée, la granulométrie, le taux d’humidité et les traitements appliqués.
Plastiques et composites
La poudre de chènevotte est déjà offerte comme charge végétale pour les plastiques et les composites. Des travaux scientifiques ont également étudié la farine de chènevotte comme solution de remplacement à certaines farines de bois employées dans les composites.
Dans ces applications, la poudre peut servir à réduire la proportion de charges minérales ou de matière plastique, à augmenter la teneur en matière biosourcée et à modifier certaines propriétés du matériau final. Ses performances dépendent notamment de la granulométrie, du taux d’humidité, de la dispersion des particules et de leur adhésion au polymère.
Construction et matériaux spécialisés
La chènevotte est déjà utilisée commercialement dans le béton de chanvre, les blocsp? Again glitch. Need clean.
La chènevotte est déjà utilisée commercialement dans le béton de chanvre, les blocs, les panneaux isolants et certains enduits. Dans ces produits, elle est généralement employée sous forme de particules plus grossières que les poudres visées par La Chanvrière du Lac.
Le broyage plus fin de la chènevotte permet d’envisager son incorporation dans des panneaux, des matériaux moulés, des enduits fins et d’autres produits spécialisés. Ces applications doivent toutefois être distinguées du béton de chanvre traditionnel et faire l’objet d’essais adaptés.
Produits absorbants et applications industrielles
La structure poreuse de la chènevotte lui confère une capacité d’absorption déjà valorisée dans les litières animales et certains produits industriels. Sous forme de poudre, elle pourrait aussi entrer dans la composition de matériaux absorbants ou servir de support végétal dans différentes formulations. Le choix de la granulométrie sera important, car une poudre trop fine peut produire davantage de poussière et être plus difficile à manipuler.
Cosmétiques et produits d’hygiène
Le chanvre est déjà utilisé dans l’industrie cosmétique, principalement sous forme d’huile, de protéines et d’extraits provenant de la graine ou des parties aériennes de la plante. La présence commerciale de poudres produites à partir de la chènevotte ou des fines de défibrage paraît toutefois beaucoup plus limitée.
Ces poudres pourraient néanmoins remplir certaines fonctions physiques dans les produits cosmétiques et d’hygiène. Leur utilisation devra être confirmée par des essais de formulation, d’innocuité, de stabilité et de qualité microbiologique.
Les fonctions envisagées comprennent :
- l’exfoliation,
- l’absorption,
- la modification de la texture,
- un effet matifiant ou opacitant,
- l’ajout d’une charge végétale dans la formulation.
Ces applications présentent un potentiel réel, mais elles devront être validées par par___bot? against par des essais d’innocuité, de stabilité, de compatibilité et de qualité microbiologique. Les propriétés attribuées aux poudres devront être démontrées pour chaque matière et chaque granulométrie.
Des marchés à différents stades de développement
Les poudres de chanvre ne forment pas encore un marché uniforme. Leur utilisation dans les plastiques, les composites et certains matériaux repose déjà sur des produits commerciaux et des travaux scientifiques. Les applications cosmétiques, hygiéniques et absorbantes sont moins avancées et nécessitent encore des essais de formulation. Cette diversité explique l’importance de caractériser chaque poudre et de l’orienter vers les usages correspondant réellement à ses propriétés.
Ce que démontre la littérature scientifique
La littérature scientifique confirme l’intérêt de la chènevotte et des autres fractions de la tige comme matières lignocellulosiques. Les recherches portent notamment sur leur composition, leur structure poreuse, leur capacité d’absorption et leur incorporation dans des matériaux composites. Elles montrent aussi que les performances obtenues dépendent fortement de la matière utilisée, de la taille des particules et des traitements appliqués.
Une matière lignocellulosique
La chènevotte est principalement composée de cellulose, d’hémicellulose et de lignine. Cette composition la rapproche d’autres charges végétales comme la farine de bois, tout en lui donnant des caractéristiques propres liées à sa faible densité et à sa structure poreuse. Les proportions de ces constituants peuvent varier selon la variété de chanvre, les conditions de culture, le stade de récolte et le procédé de transformation
L’importance de la granulométrie
La taille et la distribution des particules influencent directement le comportement d’une poudre. Une granulométrie plus fine augmente la surface de contact et peut améliorer l’uniformité, la texture ou la dispersion dans certaines formulations. Elle peut toutefois accroître la tendance à retenir l’humidité, à former des agglomérats ou à produire de la poussière. La granulométrie recherchée doit donc être choisie en fonction de l’application visée.
Des résultats prometteurs, mais variables
Les études sur les matériaux composites montrent que la poudre ou farine de chènevotte peut être utilisée comme charge lignocellulosique. Les résultats varient cependant selon la composition de la matière, la taille des particules, la proportion incorporée et la qualité de leur adhésion avec les autres composants. Une poudre doit donc être caractérisée et testée dans chaque formulation avant que ses performances puissent être confirmées.
Des connaissances à compléter
La chènevotte est la fraction de la tige la mieux documentée. Les fines de défibrage et les petites pailles ont été beaucoup moins étudiées comme matières premières destinées à la fabrication de poudres. Leur composition, leur comportement pendant la micronisation et leurs propriétés fonctionnelles devront donc être caractérisés. Cette étape permettra de déterminer si elles peuvent compléter ou remplacer la poudre de chènevotte dans certaines applications.
Le développement proposé par La Chanvrière du Lac
La Chanvrière du Lac veut développer une gamme de poudres à partir de matières de matières qui demeurent encore peu valorisées : les fines produites pendant le défibrage et les petites pailles recueillies lors de la récolte du chanvre-grain. .
La poudre de chènevotte servira de produit de référence, puisqu’elle est déjà commercialisée et mieux documentée. La comparaison des trois matières permettra de déterminer leurs différences, leurs avantages respectifs et les applications auxquelles chacune convient le mieux.
Les fines de défibrage
Les fines sont produites pendant la séparation mécanique de la fibre et de la chènevotte. Leur granulométrie naturellement fine pourrait faciliter la production de poudres destinées aux applications exigeant de petites particules. Leur composition peut toutefois varier selon la matière récoltée et le procédé de défibrage. Elles devront donc être caractérisées, tamisées et contrôlées avant leur commercialisation.
Les petites pailles
Les petites pailles sont des fragments de tiges recueillis pendant la récolte du chanvre-grain. Elles sont habituellement laissées au champ ou peu valorisées. Après leur séchage et leur préparation, elles pourraient être micronisées et transformées en poudres. Leur composition plus hétérogène exigera cependant un contrôle rigoureux de la matière première et du procédé de fabrication.
Les granulométries visées
La Chanvrière du Lac prévoit produire plusieurs classes granulométriques afin d’adapter les poudres aux exigences des fabricants. Ces classes constituent des orientations de développement. Leur adéquation aux différents marchés devra être confirmée par les essais de caractérisation et de formulation.
Quatre classes sont envisagées :
- 20 à 40 µm : formulations cosmétiques et applications exigeant une poudre très fine.
- 40 à 80 µm : cosmétiques, produits d’hygiène et bioproduits.
- 80 à 150 µm : plastiques, composites et autres applications industrielles.
- 150 à 300 µm : charges végétales, matériaux et applications industrielles.
Ces correspondances ne sont pas définitives. Une même granulométrie pourrait convenir à plusieurs marchés, tandis que certaines formulations pourraient exiger des distributions de particules différentes. Les essais permettront d’établir les couples les plus prometteurs entre la matière première, la granulométrie et l’application.
Le potentiel fonctionnel des poudres
Le potentiel d’une poudre ne dépend pas uniquement de son origine végétale. Il repose sur des propriétés mesurables : composition, granulométrie, porosité, capacité d’absorption, densité, couleur, odeur, teneur en humidité et qualité microbiologique. Ces caractéristiques détermineront les fonctions que chaque poudre pourra réellement remplir dans un produit.
Des fonctions physiques à mesurer
Selon leur matière d’origine et leur granulométrie, les poudres pourraient servir comme agents absorbants, exfoliants, texturants, matifiants ou opacifiants. Dans les matériaux, elles pourraient agir comme charges végétales, modifier la densité ou l’apparence du produit et augmenter sa teneur en matière biosourcée. Chacune de ces fonctions devra être mesurée et confirmée dans les formulations visées.
Un programme de caractérisation et de validation
La Chanvrière du Lac prévoit comparer la chènevotte, les fines de défibrage et les petites pailles afin d’établir le profil de chacune. Les travaux porteront sur leur composition, leur comportement pendant la micronisation, leur distribution granulométrique, leur capacité d’absorption et leur qualité microbiologique.
Des essais de formulation permettront ensuite d’évaluer leur comportement dans les cosmétiques, les produits d’hygiène, les plastiques et les composites. Les résultats serviront à sélectionner les combinaisons les plus performantes entre la matière première, la granulométrie et l’application recherchée.
De nouvelles possibilités pour une matière locale
La transformation de la chènevotte, des fines de défibrage et des petites pailles en poudres ouvre de nouvelles possibilités de valorisation pour le chanvre cultivé au Saguenay–Lac-Saint-Jean. En développant des poudres caractérisées, traçables et adaptées aux besoins des fabricants, La Chanvrière du Lac souhaite contribuer à la création de produits bio, locaux et à plus faible empreinte environnementale.
Le passage de la recherche à la commercialisation se fera progressivement, à mesure que les essais confirmeront les propriétés, la qualité et les usages les mieux adaptés à chaque poudre. Cette démarche permettra de développer une offre crédible, fondée sur des résultats mesurés plutôt que sur des propriétés présumées.
Références
Les références suivantes présentent les principales connaissances scientifiques et techniques utilisées dans cette page. Elles portent notamment sur la composition de la chènevotte, sa granulométrie, ses propriétés physiques et son utilisation dans les matériaux composites.
- Stevulova, N. et coll. (2014). « Properties Characterization of Chemically Modified Hemp Hurds ». Materials, 7(12), 8131–8150.
- Jiang, Y., Lawrence, M., Ansell, M. et Hussain, A. (2017). « Physical Characterisation of Hemp Shiv: Cell Wall Structure and Porosity ». Academic Journal of Civil Engineering, 35(2), 22–28.
- Collet, F. et Prétot, S. (2014). « Thermal Conductivity of Hemp Concretes: Variation with Formulation, Density and Water Content ». Construction and Building Materials, 65, 612–619.
- Dalle Vacche, S. et coll. (2021). « Valorization of Byproducts of Hemp Multipurpose Crop: Short Non-Aligned Bast Fibers as a Source of Nanocellulose ». Molecules, 26(16), 4723.
- Heitzmann, M. T., Ali, A. M., Legras, A., Vandi, L. J. et Milne, J. (2015). « Hemp Hurd Flour as an Alternative Low-Cost Filler in Wood–Plastic Composites ». University of Queensland.
- Commission européenne. Base de données CosIng : « Cannabis Sativa Seedcake Powder ».

